Rencontres

Sophie Huguet : une psychologue à Roland

Cette édition de Roland Garros 2020 est très particulière. Qu’en penses-tu ?

J’ai un sentiment mitigé car je suis heureuse, en tant que passionnée de tennis, de voir des matchs à nouveau, de voir aussi que de nombreux joueurs(ses) se révèlent dans ce Roland Garros. Cela crée de nouvelles opportunités pour eux car l’arrêt du circuit a probablement eu un impact sur certains joueurs. Mais il y a aussi un sentiment de tristesse, dû au fait que cela se joue dans le froid et avec un public très réduit. Je garde l’aspect positif du fait que les joueurs ont pu reprendre le circuit mais je pense que les contraintes imposées doivent nécessairement peser dans leur esprit. On a vu à l’US Open combien cela a pu être contraignant, donc je pense que c’est remarquable d’arriver à être performant dans ces conditions. 

Pour en avoir discuté avec nombre de collègues, on a l’impression que la période de confinement n’a pas été vécue de la même manière d’un sportif de haut niveau à l’autre. Quelles en sont les conséquences positives ou négatives à ton avis ? Ton téléphone a t’il sonné ? Comment as tu travaillé pendant cette période si spéciale ?

Oui cela a été vécu différemment en fonction de l’environnement où ils se sont trouvés (s’ils avaient ou non l’opportunité de sortir, de faire du sport chez eux). On voit bien que certains joueurs ont réussi à continuer à s’entraîner et d’autres non. Donc l’impact a été nécessairement différent. Mais même Nadal, qui avait l’occasion de s’entraîner n’y a pas trouvé de sens à le faire sans avoir de compétition prévue. L’aspect positif est que cela a pu reposer le corps et l’esprit pour ceux qui ont réussi à y trouver des avantages (passer du temps avec ses proches, profiter de la vie sans performance). Mais la plupart des sportifs de haut niveau ont une vie réglée au millimètre près, des emplois du temps remplis, des objectifs à atteindre. Par conséquent, cela a eu un impact, car du jour au lendemain, il n’y avait plus de plan ni d’objectifs. Alors, mon téléphone a bien sonné, principalement pour ceux qui ont perdu leurs repères et qui avaient besoin de prendre de la distance sur la situation. J’ai continué à travailler à distance, ce que je fais déjà énormément en temps normal, même de manière collective. C’était un travail classique avec des discussions centrées sur cette période, sur les difficultés traversées (notamment pour ceux qui ont vécu le report des JO) et puis aussi sur la manière dont chacun avait envie d’utiliser cette période (se reposer, se fixer des objectifs, etc).

D’après toi, comment la psychologie du sportif en France évolue / se porte t-elle ?

Cela évolue dans le bon sens et j’ai bon espoir que cela continue en vue des JO 2024. Mais il y a encore beaucoup à faire pour que cela rentre dans le quotidien du sportif. Il faut qu’il y ait des volontés à plus haut niveau de structurer ce secteur, de le mettre au même niveau que les autres composantes de la performance. Je travaille avec des entraîneurs qui comprennent l’intérêt d’un psy du sport dans un staff et mon expérience avec les jeunes me fait dire qu’ils sont de plus en plus ouverts à cette démarche. Enfin, il faut aussi une évolution dans la manière de percevoir ce travail : à savoir que ce n’est pas une solution de secours quand il y a un problème, mais c’est avant tout une démarche, un travail de connaissance de soi pour prendre soin de sa tête dans une même logique qu’un travail d’entraînement ou de préparation physique. 

Pour visiter le site internet de Sophie Huguet : psychologiesport.fr

Sophie Huguet : une psychologue à Roland

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